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Le Jukebox printanier de Blue Madone

Philippe Laurent « Cassettes »

Sortie : 5 mars, 8 morceaux (édition vinyle limitée à 500 exemplaires !)

Nostalgique de la musique électronique des 80’s ? Heureusement, SERENDIP LAB a pensé à vous !

Ce label pluridisciplinaire qui prône le Do It Yourself, a décidé de rééditer des sons de Philippe Laurent datant d’il y a une trentaine d’années, sortis à l’époque sur cassette (d’où le nom de l’album).

Digne descendant de Kraftwerk, quoique largement moins célèbre, il fait ses premières armes en 1980 avec des compositions futuristes qui posent les bases de l’IDM, la techno voire même de l’acid.

Néanmoins, il ne se fait réellement connaitre qu’à partir de 2011 lorsque sort une réédition de son fameux « Hot Bip » sur la maison de disque MINIMAL WAVE.

Son style, pourtant minimaliste, parvient facilement à déclencher un effet désinhibant à force de mélodies synthétiques enfantines et de syncopes rythmiques.

Cela dit, je tiens à préciser que si ses tracks sont de si piètre qualité sonore, c’est volontairement pour créer un aspect rétro - à moins que Guillaume Collavizza, qui s’est chargé du mastering, ait été payé à rien foutre.

Déconnectez donc vos neurones et laissez-vous aller à gesticuler aux sonorités débiles de ce grand zouave !

 

Legowelt « Rising Sun Systems – Oberheim Space »

Sortie : 5 mars, 11 morceaux

Avec une carrière extrêmement riche en albums, EP’s et side-projects difficilement dénombrables, Legowelt nous revient avec un nouvel opus qui nous démontre, une fois de plus, son époustouflante aisance à repousser les barrières de la musique électronique.

Nourrit d’influences plus que diverses - Chicago house, italo-disco, new wave, electronica - cet artiste hollandais nous sert cette fois-ci une œuvre à dominance ambient, via le label NIGHTWIND RECORDS.

L’ambient, genre musical réputé pour ses morceaux dépassant quasi-systématiquement la dizaine de minutes, est ici manipulé de manière plutôt inattendue, alliant intelligemment pistes courtes et longues, progressives et linéaires, percussives et calmes, se rapprochant ainsi plus de la space music.

Vous l’aurez compris, ce disque est varié tant sur la construction que sur le style, mais garde dans sa globalité une atmosphère très douce et reposante, idéale pour endormir un mioche hyperactif ou pour vous calmer les nerfs.

Et comme si cela ne suffisait pas, le bougre maitrise aussi très bien le trip-hop: 

 

Yael Naïm « Older »

Sortie : 16 mars, 11 morceaux

La chanteuse franco-israélienne est de retour pour son quatrième album, bien décidée à enrichir le paysage pop-folk actuel.

Accompagnée de son fidèle producteur-arrangeur David Donatien depuis maintenant 3 albums, elle le laisse cette fois-ci co-composer 4 de ses 11 titres.

Si les deux compères ont su montrer depuis leur première collaboration, sortie en 2007 et certifiée disque d’or, qu’ils pouvaient être un groupe à part entière, ils décident maintenant de s’entourer d’une belle flopée de musiciens.

Au travers des chansons de « Older », vous aurez l’occasion d’entendre tout un orchestre regroupant : les 3somesisters ; le batteur et metteur en son Joseph « Zigaboo » Modeliste du groupe de funk mythique The Meters ; le banjo et le chant de la blueslady créole Leyla Mc Calla ; la basse de Daniel Roméo ; une chorale d’enfants et ce qu’il faut de cuivres.

Le tout, mixé par Michael Brauer, vous proposera des détours vers le jazz, des déviations vers le blues voire même des raccourcis vers la musique traditionnelle israélienne.

 

Marc Cary « Rhodes Ahead, Vol. 2 »

Sortie : 17 mars, 11 morceaux

Le pianiste-claviériste, producteur et compositeur Marc Cary est resté très attaché à ses racines, celles de la scène go-go de Washington, DC, mais elles ne représentent que l’une des multiples formes musicales qu’il aime explorer.

Plus visionnaire que jamais, cet américain utilise ses influences trance, jazz, funk, électro, drum’n’bass, rock, mais aussi de musique marocaine, et les fusionne pour nous offrir un album que l’on pourrait qualifier de « jazz psychédélique », un jazz initié par Miles Davis avec « A Silent Way » ou encore « Bitches Brew ».

Pour ce projet, il officie en trio avec le batteur Terreon Gully, qui vient impulser un souffle de vibrations soul au moyen de rythmes saccadés, et le contrebassiste Tarus Mateen digne représentant de la mouvance R&B.

Igmar Thomas, trompettiste invité, complète l’équipe pourtant déjà en parfaite symbiose, faisant de ce disque un bijou d’ingéniosité.

En ajoutant des synthétiseurs analogiques et des pédales d’effets à son Fender Rhodes, Marc Cary parvient à nous électriser, voire même à provoquer en nous un coup de foudre pour « Rhodes Ahead, Vol. 2 » :

Moriarty « Epitaph »

Sortie : 30 mars, 13 morceaux + 1 sketchbook

Ayant consacré ces quelques dernières années à la réalisation de soundtracks en tous genre – films, documentaires, spectacles – Moriarty reprend le fil là où l’avait laissé « The Missing Room » (2011), leur précédent album.

Ces 5 musiciens et leur chanteuse poursuivent leur évolution dans un registre résolument country-blues de saloon, puisant toutefois leur inspiration dans la musique irlandaise, et faisant originalement cohabiter des instruments comme l’harmonica, la contrebasse, le kazoo avec des sons de machines à écrire, valises et cloches d’hôtel.

Les 13 pistes de cet opus sont quasiment toutes issues d’enregistrements inachevés et de sessions jam oubliées, fruit de leurs voyages et rencontres à travers le monde, que ce soit à Kyoto, Paris ou en Allemagne.

Leur penchant presque incontrôlable à écrire des chansons funèbres, sur le thème de l’au-delà et du passage d’un monde à l’autre, est annoncé de façon claire et limpide avec « Epitaph ».

Ils expliquent d’ailleurs ce choix de titre en disant :

« Nous avons décidé d’appeler cet album Epitaph pour moquer la mort et pour croire qu’on peut danser avec ».

Ça vaut surement mieux que de danser avec le diable !

The Prodigy « The Day Is My Enemy »

Sortie : 30 mars, 14 morceaux

Avec la sortie de son sixième disque et malgré le temps qui passe, The Prodigy n’a pas perdu de sa fougue et de son amour pour la violence sonore.

Six ans après « Invaders Must die », le groupe électro-rock britannique revient vous tabasser la tronche à coups de kicks surpuissants et de punch-lines agressives, à se demander si leur retour sur scène se fera en salle de concert ou en salle de boxe.

L’un d’entre eux, Liam Howlett, le principal compositeur, annonce même un projet plus sombre et plus noir qu’habituellement.

Directement issu de la scène rave des 90’s et clairement marqué par la drum’n’bass, le trio a choisi d’emprunter un chemin légèrement plus axé dubstep cette fois-ci, notamment en invitant l’artiste Flux Pavillon sur le morceau « Rhythm Bomb » (attendez-vous a une berceuse vu le titre).

La bande de Sleaford Mods est également de la partie, en participant au titre « Ibiza », afin d’ajouter une touche punk/rap à cet amas de fine délicatesse.

Une bonne recette pour atteindre la brutalité à son paroxysme !

Enfin tout ça pour dire que contrairement à Blue Madone, The Prodigy ne fait pas dans la dentelle :

 

 

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Pierre Chlebowsky

Avec sa voix de ténor et son allure de zazou, Pierre est notre chroniqueur de  musiques hétéroclites et de tendances en tout genre.

Amateur de théâtre, il se fera un plaisir d'apporter son sens de la gestuelle à vos projets les plus fous. 

 

 

 

 

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